🐺 Irish Wolfhound Database : comment lire intelligemment un pedigree avant de choisir son chiot ?

Publié le 21 mai 2025 à 13:02

Quand on cherche un Irish Wolfhound, on regarde évidemment les parents. Leur morphologie, leurs tests de santé, leur caractère, leurs résultats en exposition ou en course lorsqu’ils en ont.

Mais un chien, ce n’est pas seulement son père et sa mère.

Derrière lui, il y a toute une famille : des grands-parents, des arrière-grands-parents, des frères, des sœurs, des demi-frères et demi-sœurs et, pour certains reproducteurs, déjà beaucoup de descendants.

C’est là qu’Irish Wolfhound Database (IWDB) devient vraiment intéressante.

On peut y trouver les pedigrees, les ancêtres communs, le coefficient de consanguinité, la longévité, les causes de décès lorsqu’elles sont connues, les informations de santé, les descendants…

Au début, on peut vite se retrouver devant une quantité impressionnante de noms et de chiffres. Pourtant, il n’est pas nécessaire d’être généticien pour commencer à comprendre ce que raconte un pedigree.

Il faut surtout savoir où regarder.

🔎 Commencer par le pedigree

La première chose à faire est toute simple : chercher le père et la mère du chiot et remonter leur pedigree.

Sur IWDB, les générations sont indiquées ainsi :

🐾 g1 : les parents
🐾 g2 : les grands-parents
🐾 g3 : les arrière-grands-parents
🐾 g4, g5, g6… : on continue à remonter

Plus un ancêtre est proche, plus son poids théorique dans le pedigree est important.

Un parent représente 50 %, un grand-parent 25 %, un arrière-grand-parent 12,5 %. En g4, on tombe à 6,25 %, en g5 à 3,125 %.

À la dixième génération, une apparition unique ne représente plus qu’environ 0,1 %.

C’est important à comprendre, parce que cela change complètement la façon de regarder les répétitions dans un pedigree.

🔁 « Ce chien apparaît 15 fois ! »

C’est typiquement le genre de chose qui peut faire peur lorsqu’on commence à fouiller une base de données.

On trouve un chien qui apparaît 10, 15 ou 20 fois et on se dit qu’il est absolument partout.

Sauf que 15 apparitions en g9 et g10 n’ont pas du tout la même importance que plusieurs apparitions en g3 ou g4.

Dans une race fermée comme l’Irish Wolfhound, si on remonte suffisamment loin, on finit forcément par retrouver les grands reproducteurs qui ont participé à la construction de la race moderne.

Ce qui m’intéresse beaucoup plus, ce sont les répétitions proches.

Donc, lorsqu’un chien revient beaucoup dans un pedigree, je ne regarde jamais seulement combien de fois il apparaît. Je regarde surtout où il apparaît.

🩸 Le « % Sang », c’est quoi ?

IWDB indique aussi le « % Sang » de certains ancêtres.

Pour faire simple, il représente leur poids généalogique théorique cumulé dans le pedigree.

Si un chien revient plusieurs fois par différentes branches, ses différentes apparitions s’additionnent. Cela permet de voir assez rapidement quels ancêtres ont beaucoup participé à la construction d’une lignée.

Mais attention à une confusion assez facile :

⚠️ Le % Sang n’est pas le coefficient de consanguinité.

Un ancêtre peut être très présent derrière le père et pratiquement absent derrière la mère.

C’est pour cela qu’il faut ensuite aller regarder les ancêtres communs.

🔗 Les ancêtres communs

C’est une des fonctions que je trouve les plus utiles lorsqu’on étudie un mariage.

IWDB permet de voir quels chiens sont présents à la fois dans le pedigree du père et dans celui de la mère.

Là encore, il faut se méfier des chiffres pris seuls.

Dire qu’un mariage possède 30 ancêtres communs et qu’un autre en possède 70 ne suffit pas pour dire que le premier est forcément meilleur.

Il faut regarder les générations.

🌳 Des ancêtres communs essentiellement retrouvés en g8, g9 ou g10 correspondent à une parenté ancienne.

⚠️ Des chiens communs que l’on retrouve plusieurs fois dès g3 ou g4, c’est une tout autre construction.

Dans une race fermée, chercher deux chiens qui n’auraient absolument aucun ancêtre commun n’a pas vraiment de sens. Si on remonte suffisamment loin, les pedigrees finissent par se rejoindre.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est de voir à quel moment ils commencent à se rejoindre.

📊 Le COI, ou coefficient de consanguinité

C’est probablement le chiffre que l’on regarde le plus souvent.

Et c’est aussi celui auquel on peut faire dire beaucoup de choses.

Le COI mesure la consanguinité attendue à partir du pedigree et des ancêtres communs.

Mais il manque une information essentielle lorsqu’on annonce simplement :

« Ce mariage a un COI de 1 %. »

Sur combien de générations ?

Un COI calculé sur 5 générations n’est pas directement comparable à un COI calculé sur 10 générations.

IWDB permet justement de regarder l’évolution du coefficient au fur et à mesure que l’on remonte le pedigree.

Et cette évolution est intéressante.

Un COI qui reste quasiment nul pendant plusieurs générations avant de commencer à augmenter en g8, g9 ou g10 ne raconte pas la même histoire qu’un coefficient qui grimpe fortement dès les premières générations.

⚠️ Un COI faible ne fait pas automatiquement un bon mariage

C’est probablement le point sur lequel j’insisterais le plus.

Un COI très faible est intéressant, particulièrement dans une race fermée. Mais ce n’est pas un certificat de bonne santé.

Le calcul ne sait pas que plusieurs frères d’un reproducteur sont éventuellement morts de la même maladie.

Il ne sait pas qu’une affection cardiaque revient régulièrement dans une famille.

Il ne sait pas non plus si les deux chiens ont le même défaut morphologique, le même problème de caractère ou si leurs qualités se complètent réellement.

On peut donc avoir un mariage très ouvert sur le papier et ne pas avoir envie de le faire pour autant.

🧬 Le COI est une information. Il ne doit jamais devenir l’unique critère de sélection.

🧬 Pourquoi essayer malgré tout de limiter la consanguinité ?

Parce que plus deux chiens sont apparentés, plus ils ont de chances d’avoir hérité de mêmes versions de certains gènes venant de leurs ancêtres communs.

Cela augmente l’homozygotie et peut notamment faciliter l’expression de certaines maladies récessives.

On connaît également ce que l’on appelle la dépression de consanguinité. Dans différentes populations animales, y compris chez le chien, l’augmentation de la consanguinité peut être associée à une dégradation de certains caractères liés à la reproduction, à la survie ou plus largement à la capacité de la population à rester saine et fonctionnelle.

Cela ne veut évidemment pas dire :

« chien consanguin = chien malade ».

La génétique ne fonctionne pas de manière aussi simple.

Mais dans une population déjà fermée, conserver autant de diversité que possible reste quelque chose qui mérite d’être pris au sérieux.

❤️ Consanguinité, maladies et longévité

On entend parfois dire qu’un chien avec un COI élevé vivra forcément moins longtemps.

Là encore, ce serait aller beaucoup trop vite.

Des études chez le chien ont trouvé des liens entre augmentation de la consanguinité et différents effets défavorables, et certaines ont également observé une diminution de longévité avec l’augmentation de la consanguinité individuelle.

Mais on ne peut pas prendre un coefficient et en déduire l’âge auquel mourra un chien.

Chez l’Irish Wolfhound lui-même, les données disponibles ne permettent pas de transformer le COI du pedigree en prédiction individuelle de longévité.

La taille gigantesque de la race, son histoire génétique, les maladies qui y sont présentes, la sélection et beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu.

Un COI faible reste donc intéressant, mais il ne garantit pas qu’un chien vivra 10 ans.

Et un COI plus élevé ne permet pas d’annoncer qu’un chien mourra jeune.

Il faut regarder l’ensemble.

🔒 Une race fermée reste une race fermée

C’est quelque chose qu’on oublie facilement lorsqu’on commence à rechercher des COI très bas.

Deux Irish Wolfhounds peuvent avoir très peu d’ancêtres communs dans les premières générations. Cela ne veut pas dire qu’ils sont génétiquement étrangers l’un à l’autre.

En remontant suffisamment loin, les grandes lignées finissent forcément par se retrouver.

Le but n’est donc pas de prétendre produire des Irish Wolfhounds « sans consanguinité ».

Il s’agit plutôt d’essayer, lorsque c’est possible, de ne pas rajouter inutilement de la consanguinité récente, de ne pas remettre sans cesse les mêmes chiens les uns sur les autres et de conserver différentes branches dans la population.

Il faut également garder un œil sur les étalons qui ont énormément produit.

Un excellent chien peut apporter beaucoup à une race. Mais si tout le monde utilise le même, quelques générations plus tard, il finit par se retrouver partout.

🐺 On ne crée pas de nouveaux gènes en choisissant un pedigree. On essaie surtout de ne pas perdre trop vite ceux qui sont encore disponibles.

🔬 Le pedigree ne raconte pas exactement la même chose que l’ADN

IWDB travaille à partir du pedigree connu.

Or deux frères et sœurs possèdent exactement les mêmes parents et les mêmes grands-parents, mais ils n’ont pas reçu exactement les mêmes morceaux d’ADN.

Ils peuvent donc avoir le même coefficient de consanguinité calculé sur pedigree tout en ayant une homozygotie génomique réelle un peu différente.

C’est une nuance à connaître, sans avoir besoin de rentrer beaucoup plus loin dans la génétique.

📜 Le pedigree nous raconte la parenté théorique.

🧬 L’ADN nous montre ce qui a réellement été hérité.

Les deux sont intéressants, mais ce ne sont pas exactement les mêmes informations.

⏳ La longévité : ne regardez pas seulement la moyenne

C’est probablement une des parties d’IWDB que je regarde le plus.

La base permet de voir la longévité enregistrée dans le pedigree, la répartition des âges et le nombre de chiens ayant atteint l’âge vétéran.

Une moyenne élevée est évidemment agréable à voir.

Mais il faut immédiatement regarder une autre information :

Combien de chiens ont réellement une longévité connue ?

Si une moyenne est calculée sur seulement une partie du pedigree, elle reste intéressante, mais elle ne raconte que l’histoire des chiens pour lesquels l’information a été renseignée.

Les autres ne sont ni morts jeunes, ni morts vieux.

On ne sait simplement pas.

⚰️ Pourquoi sont-ils morts ?

Pour moi, c’est presque aussi important que l’âge lui-même.

Prenons deux chiens morts à presque 9 ans.

Le premier meurt accidentellement.

Le second meurt d’une maladie cardiaque.

Sur une moyenne de longévité, ils apportent quasiment le même chiffre.

Pour comprendre une famille, ils ne racontent pourtant pas du tout la même chose.

C’est pour cela que je regarde les causes de décès lorsqu’elles sont renseignées.

En revanche, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse.

Trouver un ostéosarcome quelque part en huitième génération ne suffit pas à condamner tout un pedigree.

Dans une race qui connaît malheureusement certaines maladies avec une fréquence importante, si on élimine une famille entière au premier cas rencontré en dix générations, il ne restera rapidement plus grand monde.

Ce qui devient beaucoup plus parlant, c’est la répétition.

⚠️ Plusieurs frères et sœurs atteints de la même maladie ?

⚠️ Plusieurs descendants ?

⚠️ Plusieurs décès précoces semblables ?

⚠️ Le même problème qui revient dans plusieurs branches proches ?

Là, je commence vraiment à regarder de plus près.

👨‍👩‍👧‍👦 Ne regardez pas uniquement le père et la mère

C’est probablement le conseil le plus important de cet article.

Les tests des deux reproducteurs sont indispensables, mais ils ne suffisent pas à raconter leur famille.

Un chien peut avoir un excellent bilan cardiaque et avoir plusieurs frères et sœurs qui ont développé une maladie cardiaque.

À l’inverse, un accident de santé isolé chez un chien ne condamne pas automatiquement toute sa lignée.

Il faut donc regarder autour.

🐾 Les parents
🐾 Les frères et sœurs
🐾 Les demi-frères et demi-sœurs
🐾 Les grands-parents
🐾 Les autres proches lorsque l’information existe
🐾 Et les descendants si le reproducteur en a déjà

C’est souvent là que l’on commence à voir apparaître des tendances familiales que la simple fiche du reproducteur ne montre pas.

👴 Un reproducteur âgé apporte aussi quelque chose de précieux : du recul

Un jeune reproducteur peut avoir un pedigree magnifique, d’excellents tests et toutes les qualités que l’on recherche.

Mais à deux ou trois ans, il reste encore beaucoup de choses que l’on ne sait pas.

Avec un chien de huit, neuf ou dix ans, on dispose forcément de davantage de recul.

On connaît son évolution avec l’âge. On peut avoir plusieurs examens cardiaques réalisés au cours de sa vie. Sa fratrie a vieilli elle aussi. Et s’il a déjà reproduit, certains de ses descendants sont peut-être suffisamment âgés pour commencer à apporter eux-mêmes des informations.

Cela ne signifie pas qu’un vieux reproducteur est automatiquement meilleur qu’un jeune.

Simplement, le temps nous a donné davantage d’informations sur lui et sa famille.

Et en élevage, cette information a de la valeur.

🚨 Une case vide ne veut pas dire « tout va bien »

C’est un point absolument essentiel lorsqu’on utilise IWDB.

La base contient énormément d’informations, mais elle ne contient évidemment pas le dossier vétérinaire complet de tous les Irish Wolfhounds du monde.

Donc :

« Pas de maladie renseignée » ne veut pas dire « aucune maladie ».

« Pas de problème cardiaque renseigné » ne veut pas dire « cœur sain ».

« Cause de décès inconnue » ne veut pas dire « mort de vieillesse ».

Cela veut simplement dire que l’information n’est pas disponible dans la base.

Il faut toujours garder cette limite en tête.

🐶 Et finalement, comment s’en servir pour choisir son chiot ?

Je ne chercherais jamais le pedigree parfait.

Il n’existe pas.

Je chercherais plutôt à comprendre pourquoi ce père a été choisi pour cette mère.

Je regarderais les premières générations, les répétitions importantes, les ancêtres communs et leur position dans le pedigree.

Je regarderais le COI, mais également sur combien de générations il a été calculé et comment il évolue lorsque l’on remonte.

Puis je regarderais la longévité.

Pas seulement la moyenne : les chiens eux-mêmes, leur âge, les vétérans et les causes de décès lorsqu’elles sont connues.

Je regarderais ensuite les familles : frères, sœurs, demi-frères, demi-sœurs et descendants.

Et avec tout cela, j’irais poser des questions à l’éleveur.

💬 Les questions à poser à l’éleveur

« Pourquoi avez-vous choisi ce mâle pour cette femelle ? »

« Qu’est-ce que vous cherchez à conserver ou à améliorer avec ce mariage ? »

« Que savez-vous de la longévité des deux familles ? »

« Y a-t-il des maladies qui reviennent dans certaines branches ? »

« Pourquoi certains ancêtres sont-ils très présents ? »

« Que donnent les frères et sœurs des reproducteurs ? »

« Le père ou la mère ont-ils déjà produit et que deviennent leurs descendants ? »

Et il y a une réponse que je trouve personnellement beaucoup plus rassurante qu’un discours où tout serait parfait :

« Voilà ce que je sais, voilà ce que je surveille et voilà ce que je ne sais pas. »

Parce qu’aucun éleveur sérieux ne peut promettre qu’un chiot ne sera jamais malade.

En revanche, il peut montrer qu’il a essayé de comprendre ce qu’il faisait.

🐺❤️ IWDB : un outil pour comprendre, pas pour distribuer les bons et les mauvais points

Irish Wolfhound Database ne dira jamais si un mariage donnera de bons ou de mauvais chiens.

Et ce n’est pas son rôle.

Elle permet simplement d’aller beaucoup plus loin que les photos des parents et un joli pedigree imprimé sur cinq générations.

🧬 Le pedigree montre comment les familles sont construites.

🔗 Les ancêtres communs montrent où elles se rejoignent.

📊 Le COI donne une indication sur leur parenté.

⏳ La longévité permet de regarder comment une partie de cette famille a vieilli.

⚰️ Les causes de décès donnent du contexte à ces chiffres.

👨‍👩‍👧‍👦 Les collatéraux permettent de regarder autour du reproducteur.

🐾 Les descendants montrent, avec le temps, ce qu’il a réellement produit.

🩺 Les examens de santé apportent encore une autre pièce du puzzle.

Aucune de ces informations ne suffit seule.

Mais mises ensemble, elles permettent déjà de regarder un mariage avec beaucoup plus de recul.

Et lorsqu’on s’apprête à choisir le compagnon avec lequel on espère partager le plus grand nombre d’années possible, prendre un peu de temps pour regarder ce qu’il y a derrière ses parents n’est jamais du temps perdu.


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Commentaires

Bertrand Marianne
il y a un an

Réflexion sérieuse et pleine de bon sens.